
Dans un contexte où certaines informations relatives à la situation des ressortissants burkinabè dans les zones aurifères de Siguiri suscitent des réactions et des interprétations parfois contradictoires, je voudrais apporter ma contribution au débat, avec responsabilité, lucidité et un profond attachement aux valeurs de fraternité africaine.
En tant que Guinéen, mais également en tant que jeune homme attaché à l’unité de notre continent, je tiens à rappeler une chose essentielle : la Guinée et le Burkina Faso sont deux nations sœurs, et aucune difficulté liée à l’application de nos lois ne devrait remettre en cause les liens historiques et humains qui unissent leurs populations.
Je connais le Burkina Faso, son peuple, sa culture, son histoire et les aspirations de sa jeunesse. Je connais également la place qu’occupe la solidarité africaine dans les relations entre nos peuples. C’est pourquoi je refuse que cette situation soit instrumentalisée pour installer un climat de méfiance entre Guinéens et Burkinabè.
La protection de l’environnement n’est pas une politique contre les étrangers
Il faut faire preuve de discernement. La décision des autorités guinéennes d’interdire les activités d’exploitation aurifère illégales dans les zones sensibles de Siguiri doit être comprise pour ce qu’elle est : une mesure de protection de notre environnement, de nos ressources naturelles et des intérêts de nos populations.
Les lits et les berges des cours d’eau, les terres agricoles, les pâturages et les espaces protégés ne peuvent pas continuer à subir les conséquences d’une exploitation incontrôlée de l’or.
La pollution des cours d’eau, la destruction des terres cultivables, l’ensablement du fleuve Niger et la dégradation de notre patrimoine naturel constituent des préoccupations majeures qui dépassent les considérations de nationalité.
La Guinée ne peut pas sacrifier son environnement au nom de l’exploitation de ses richesses naturelles.
Cette responsabilité concerne tout le monde, Guinéens comme ressortissants d’autres pays vivant sur notre territoire.
Il est donc important de ne pas confondre l’interdiction d’une activité illégale avec le rejet d’une communauté étrangère. Une mesure visant à mettre fin à une pratique interdite ne doit pas être présentée comme une manifestation d’hostilité envers un peuple.
Nos frères burkinabè doivent savoir qu’ils sont respectés en Guinée
À nos frères et sœurs burkinabè, je voudrais adresser un message sincère : ne considérez pas cette décision comme une remise en cause de votre dignité, de votre place ou de votre fraternité avec le peuple guinéen.
Vous êtes les bienvenus en Guinée, dans le respect de nos lois et de nos règlements. Notre pays demeure une terre d’accueil, de brassage culturel et de solidarité africaine.
Nous savons que de nombreux Burkinabè vivent, travaillent et entreprennent en Guinée. Ils contribuent, à leur manière, à la vie économique et sociale de notre pays. Leur présence ne doit pas être réduite à la situation de certaines activités minières interdites.
Nous devons également reconnaître une réalité : parmi les personnes touchées par cette décision figurent aussi nos compatriotes guinéens. Des jeunes qui vivaient de ces activités sont eux aussi concernés par cette interdiction.
En tant que jeune Guinéen, je salue le courage des autorités qui ont engagé cette démarche de protection de notre patrimoine naturel. Mais je pense également qu’il est indispensable d’accompagner les personnes affectées, notamment les jeunes, vers des activités économiques légales et durables.
La protection de l’environnement doit aller de pair avec la préservation des moyens de subsistance de nos populations.
La Guinée et le Burkina Faso : deux peuples, une même ambition africaine
Le Burkina Faso et la Guinée partagent une histoire, des valeurs et une aspiration commune à la dignité, à la souveraineté et au développement.
Nous devons nous inspirer des expériences positives de chaque pays, apprendre les uns des autres et construire des relations fondées sur le respect mutuel.
Je salue les efforts entrepris par les autorités guinéennes, sous la direction du président de la République, Mamadi Doumbouya, en faveur de la préservation de nos ressources naturelles.
Je salue également l’engagement du Burkina Faso dans les questions de souveraineté et de responsabilité nationale, sous la conduite du capitaine Ibrahim Traoré.
Mais au-delà des dirigeants, ce sont surtout les peuples qui doivent rester au cœur de nos préoccupations.
Nous ne devons pas laisser des incompréhensions, des publications mal interprétées ou des discours de division fragiliser une amitié qui mérite d’être préservée.
L’Afrique dont nous rêvons est une Afrique où chaque État fait respecter ses lois, protège ses ressources, accueille dignement les ressortissants des autres pays et entretient des relations fraternelles avec ses voisins.
Mon appel à la responsabilité et à la fraternité
Je lance un appel à la jeunesse guinéenne et burkinabè : refusons les provocations, les amalgames et les discours de haine. Ne transformons pas une question de réglementation minière et de protection de l’environnement en un conflit entre deux communautés.
Aux ressortissants burkinabè, je dis : vous avez des frères en Guinée.
À mes compatriotes guinéens, je dis : faisons respecter nos lois sans manquer de respect à nos frères africains.
Aux autorités des deux pays, j’adresse un appel au dialogue, à la concertation et à la coopération afin que cette situation soit comprise, encadrée et gérée dans un esprit de responsabilité.
La souveraineté d’un pays n’est pas incompatible avec l’hospitalité. Le respect de nos lois n’est pas contraire à la fraternité. Et la protection de nos ressources naturelles ne doit jamais être une source de haine entre Africains.
Je reste convaincu que la Guinée et le Burkina Faso ont davantage à gagner en se rapprochant qu’en se divisant.
Nous sommes deux peuples frères. Préservons cette fraternité, respectons nos différences et travaillons ensemble pour une Afrique plus forte, plus solidaire et plus responsable.
Vive la République de Guinée !
Vive le Burkina Faso !
Vive l’amitié guinéo-burkinabè et vive la fraternité africaine !
Siradiou Diallo
Homme politique guinéen
L’article Guinée–Burkina Faso : protéger les ressources naturelles sans compromettre la fraternité entre les deux peuples (Par Siradiou Diallo) est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
Last modified: 5 novembre 2026





