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Mandiana : le directeur préfectoral de l’Environnement accusé d’avoir perçu 105 millions GNF pour renoncer à un contrôle minier

8 novembre 2026

105 millions de francs guinéens contre l’absence de contrôle. C’est l’accusation grave portée par des responsables locaux de Balandougouba contre le directeur préfectoral de l’Environnement de Mandiana et son équipe, soupçonnés d’avoir monnayé leur mission dans les zones d’exploitation aurifère. Le mis en cause rejette en bloc et menace de porter plainte.

Une affaire de corruption présumée secoue la sous-préfecture de Balandougouba, dans la préfecture de Mandiana. Au cœur de la controverse : une somme de 105 millions de francs guinéens qui aurait été collectée auprès de plusieurs villages à la suite de discussions avec une mission du service préfectoral de l’Environnement.

Selon les témoignages recueillis auprès d’un participant aux discussions et du maire de Balandougouba, les faits remontent à une mission conduite dans la localité par des agents de l’Environnement, sous la direction du directeur préfectoral.

D’après ces témoignages, les présidents de districts auraient exprimé leur opposition à l’entrée de la mission dans les zones minières, par crainte de voir les équipements utilisés pour l’exploitation de l’or détruits ou endommagés. Une inquiétude liée, selon eux, aux opérations de répression menées dans la préfecture voisine de Siguiri.

C’est dans ce contexte que des discussions auraient été engagées entre les responsables locaux, les Tombolamas et le maire pour trouver une issue à la situation.

105 millions GNF collectés dans plusieurs villages

 

Dans son témoignage, notre source locale affirme que ces discussions ont abouti à une collecte d’argent auprès de plusieurs villages. Il explique que la première proposition aurait consisté à réunir 20 millions de francs guinéens par village, un montant jugé trop élevé.

 

Après de nouvelles concertations, un compromis aurait été trouvé autour de 15 millions GNF pour les grands villages, notamment Balandougouba-centre, Kinienkoura, Faragbèkoro et Sidikila. Les villages disposant de moins d’équipements miniers auraient, quant à eux, contribué à hauteur de 5 millions GNF.

« Le maire nous a demandé de faire la somme totale. Elle était de 105 millions. C’est ce que nous avons payé pour leur donner », affirme t-il

 

Il précise que, pour les contributeurs, cet argent devait permettre aux exploitants de poursuivre leurs activités. Il ajoute qu’après cette collecte, les participants auraient reçu la consigne de garder le silence sur l’affaire.

« Ils nous ont dit, comme nous avons fini de payer, de dire aux nôtres de maîtriser leurs bouches. Nous aussi, nous avons accepté cela », soutient-il.

 

Le témoin affirme également que, malgré ces versements présumés, les activités minières auraient été sommées de s’arrêter dès le lendemain du départ de la mission.

Le maire apporte sa version des faits

Le maire de Balandougouba confirme l’existence de discussions entre les responsables locaux et la mission de l’Environnement. Il explique avoir convoqué les présidents de districts et les Tombolamas après avoir été informé de l’arrivée des agents, qui lui auraient annoncé une opération de répression.

Selon son récit, les responsables de districts ne souhaitaient pas que les agents pénètrent dans les zones minières, redoutant notamment la destruction des machines utilisées pour l’exploitation de l’or.

Le maire affirme que les discussions se sont poursuivies de 10 heures à 21 heures. Il soutient que les Tombolamas auraient ensuite été chargés de réunir de l’argent dans l’espoir d’obtenir un changement de décision.

Il apporte toutefois une précision importante : selon lui, le directeur préfectoral de l’Environnement aurait initialement refusé de recevoir cette somme.

« De 17 heures jusqu’à 21 heures, ils tentaient de lui donner l’argent, mais il a dit que sa personnalité ne lui permettait pas de prendre l’argent. Il a déclaré qu’il était venu pour la répression et qu’il ferait la répression le lendemain », rapporte le maire.

Il affirme avoir finalement plaidé auprès du responsable de la mission, qui aurait accepté de céder sur certains points, tout en maintenant qu’il n’avait pas demandé d’argent et qu’il souhaitait effectuer sa visite de terrain.

Le directeur rejette les accusations et menace de porter plainte

 

Joint par téléphone, le directeur préfectoral de l’Environnement de Mandiana a vivement contesté les informations qui lui ont été rapportées.

 

Rejetant toute implication dans une éventuelle perception d’argent, il a estimé que de telles accusations devaient être étayées par des preuves concrètes. Il a annoncé son intention d’engager une procédure judiciaire contre les auteurs de ces déclarations.

« Pour un premier temps, il va falloir que je porte plainte […] Moi, je vais porter plainte aujourd’hui », a-t-il déclaré.

Le responsable a également invité le journaliste à se rendre sur le terrain afin de vérifier les faits et de réunir les éléments justificatifs nécessaires.

Au cours de cet échange, le directeur a également évoqué certaines initiatives de son service à Mandiana, notamment des activités de reboisement et une cérémonie organisée à l’occasion de la Journée mondiale des éléphants. Il a regretté, selon ses propos, que les actions positives de son service ne bénéficient pas de la même attention que les accusations portées contre lui.

Plusieurs questions restent sans réponse

Au-delà de ces déclarations contradictoires, plusieurs interrogations demeurent : les 105 millions de francs guinéens ont-ils effectivement été collectés et remis ? Qui en aurait été le véritable destinataire ?  La mission de l’Environnement a-t-elle finalement renoncé à certaines opérations de contrôle à la suite des discussions ?

Pour l’heure, les témoignages recueillis constituent des accusations qui restent à vérifier. De son côté, le directeur préfectoral de l’Environnement conteste les faits qui lui sont imputés et réclame des preuves.

À Mandiana, cette affaire relance le débat sur le contrôle des activités minières, la protection de l’environnement et les conditions d’application des mesures de répression dans les zones d’exploitation aurifère de Balandougouba.

Karifa Doumbouya, correspondant régional – Kankan

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Last modified: 8 novembre 2026

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