
À la suite de la décision de la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), intervenue ce jeudi 15 octobre 2026 dans l’affaire de l’ex-ministre de la Défense nationale du régime déchu, Dr Mohamed Diané, le parquet spécial est sorti de son silence.
Le procureur spécial près la CRIEF, Charles Wright, a annoncé se pourvoir en cassation contre l’arrêt qui a renvoyé le prévenu des fins de la poursuite pour des faits de détournement de deniers publics et a réduit sa peine à quatre ans et huit mois, contre cinq ans initialement.
« Contre cette décision, le parquet relève formellement pourvoi contre l’arrêt qui vient d’être rendu par la chambre d’appel de la cour de répression des infractions économiques et financières. Cette décision, ce n’est pas contre la personne du Dr Diané, mais c’est la mauvaise interprétation de droit qui a été faite dans l’analyse du jugement déféré », a déclaré Alphonse Charles Wright.
Ces moyens de pourvoi seront développés en bonne et due forme pour que la Cour suprême, qui est la juridiction de droit, puisse statuer sur les moyens de pourvoi à l’effet de remettre la pendule à l’heure, a-t-il assuré.
« C’est une procédure, malheureusement, qui a été jugée en première instance où a été reconnu coupable des faits de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite, mais aussi des faits de blanchiment des capitaux. À partir du moment où la juridiction de jugement s’est prononcée sur la responsabilité pénale, on n’est plus maintenant dans le cadre de la présomption, on est plutôt dans le cadre de la responsabilité pénale retenue contre cette personne.
C’est tout à fait naturel qu’il exerce les voies de recours, l’histoire de dire qu’il n’est pas d’accord avec la décision qui le concerne ».
Le procureur spécial a indiqué que le ministère public, qu’il a la charge de représenter auprès de cette cour, a toujours été respectueux des droits de toutes les personnes poursuivies devant cette juridiction.
« Mais, encore une fois de plus, moi je regarde ce peuple de Guinée, je regarde aujourd’hui ces personnes qui sont là en train de faire nos propres procès à travers de propres actes ».
Tout en s’indignant en ces termes : « Je ne peux pas comprendre, le Guinéen lambda ne peut pas accepter. Vous connaissez la personnalité du Dr Diané. Quel est cet inspecteur d’État qui pouvait oser un jour de faire un rapport contre le docteur Gani en Guinée ? Dites-le-moi.
Qui peut oser, celui qui se faisait appeler le gardien du temple, à dire non au cours de sa gestion ? Il faut diligenter une enquête d’inspection des finances publiques à travers le ministère des Finances, de l’économie, et cetera, pour en faire une pièce à conviction contre celui qui était là comme étant le gardien de la maison.
Comment est-ce que sur le plan purement juridique, la loi concernant la gestion de la comptabilité publique est très claire, et il revient à l’ordonnateur des dépenses de justifier l’exécution de ses dépenses, nonobstant l’absence de tout rapport ?
Monsieur Diané n’était pas à même aujourd’hui de justifier l’exécution des fonds publics qu’il a eus à manier. Comment peut-on retenir contre lui qu’il n’y a pas de faits de corruption ? Pour le seul fait pour dire tout simplement qu’il n’y a pas de rapport, par voie de conséquence, qu’il n’y a pas de détournement de deniers publics, alors qu’il est établi de façon formelle, je le dis de façon formelle, que messieurs Docteur Diané avaient bel et bien reçu des fonds publics ?
Il les a maniés, et il n’a pas pu prouver l’exécution de ça ».
En dépit de tout, a-t-il rappelé : « la carotte était déjà cuite, c’est ce qu’on pouvait quand même laisser entrevoir à travers ce que nous venons d’entendre. Nous avons fait produire ici des éléments factuels pour l’époque, 400 et quelques millions comme salaire. On dit non, vous n’étiez pas là au moment où il y avait tous ces débats au niveau du procureur, ces éléments-là ne doivent pas être pris en compte. L’instruction définitive, c’est à toutes les étapes de la procédure devant la cour. Pourquoi ces éléments ont été écartés ? Docteur Diané, il vous a dit en audience qu’à l’époque où il était simple enseignant, j’ai du respect pour ce qu’il porte. Nous respectons la dignité des personnes qui comparaissent par devant la juridiction qu’on appelle CRIEF.
Mais nous avons une obligation, aujourd’hui plus que jamais, à continuer à défendre l’intérêt de la société guinéenne à travers la reddition des comptes que chacun de nous est amené à venir justifier ».
Plus loin, il a souligné : « Comment peut-on dire que les règles de marché public n’ont pas été violées par le seul motif qu’il y a un procès-verbal de réception ?
La loi sur la détection et la répression de la corruption est très claire. Est constitutive de corruption et infraction assimilée le fait même qu’il n’y ait pas eu de respect des règles de procédure du code du marché public est assimilé à la corruption ».
Il a toutefois précisé : « si vous dites qu’il n’y a pas eu de détournement, mais vous savez quand même que les règles de marché public quand même ont été violées à’et le juge saisi des faits et juge saisi aussi de toute question soulevée, et le juge après l’appréciation des faits, s’il se rend compte que la qualification juridique retenue au regard des débats et des éléments factuels, il pouvait s’il y avait de la bonne foi, retenir quand même contre Dr Diané ces éléments ».
Elisa Camara
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Last modified: 15 octobre 2026





