
Guinée- Venue des États-Unis, la princesse Karen W.S. Brengettsy-Chatman effectue un séjour en Guinée consacré à la mémoire de son ancêtre, le prince Abdulrahman Ibrahima Ibn Sori, originaire de Timbo. Elle entend également contribuer au rayonnement international de l’histoire et du patrimoine guinéens.

Une histoire vieille de plus de deux siècles se retrouve au cœur de l’actualité guinéenne. Dans la soirée du mardi 13 octobre 2026, Karen W.S. Brengettsy-Chatman, présentée comme une descendante du prince Abdulrahman Ibrahima Ibn Sori, a posé ses valises à Conakry. Accompagnée d’une délégation américaine, elle prend part aux activités organisées autour de l’élévation de Timbo, dans le Fouta-Djalon, au rang de préfecture.
L’arrivée de celle qui préside The Official Royal House of Sori n’est pas passée inaperçue à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré. Des personnes mobilisées pour l’accueillir, certaines vêtues de tee-shirts à son effigie, lui ont réservé une réception chaleureuse.
Visiblement heureuse de retrouver cette terre liée à son histoire familiale, Karen Chatman a exprimé sa satisfaction dès son arrivée. « Je suis heureuse d’être sur le sol guinéen ce soir », a-t-elle déclaré, tout en adressant ses remerciements aux autorités guinéennes et aux organisateurs des activités prévues à Timbo.
Une histoire familiale qui traverse l’Atlantique

Derrière cette visite se trouve le destin du prince Abdulrahman Ibrahima Ibn Sori (1762-1829), originaire de Timbo. Capturé puis déporté aux États-Unis, il y a vécu en esclavage avant de retrouver la liberté. Son parcours constitue aujourd’hui un élément central de la mémoire que ses descendants souhaitent préserver et faire connaître.
Pour Karen Chatman, ce déplacement dépasse le cadre d’une simple visite officielle. Il représente une occasion de renouer avec une partie de ses origines et de rappeler les liens historiques entre la Guinée et les États-Unis. « Il y a plus de 200 ans, le prince Abdourahmane Ibrahima Sori a été capturé en Guinée et envoyé aux États-Unis, le pays où je suis née. Aujourd’hui, je suis heureuse de voir que la Guinée mais aussi Timbo sont unis. La Guinée fait également partie de mon sang », a-t-elle affirmé.
La princesse souhaite que cette histoire soit connue bien au-delà des frontières guinéennes. Dans cette perspective, elle a mis en avant la contribution d’Elhadj Mody Oury Barry, représentant officiel de la famille de Timbo, dont elle a salué l’implication dans la préparation de son séjour et la diffusion de cet héritage historique.
Pour elle, la portée de cette mémoire dépasse largement le cadre d’une famille ou d’un pays. « L’histoire du prince Abdourahmane Ibrahima Sori n’appartient pas seulement à la Guinée, elle appartient au monde entier », a-t-elle souligné.
La Guinée au cœur d’un projet de rayonnement international

Au cours de son séjour, Karen Chatman entend également mobiliser ses relations et les activités de son organisation pour mieux faire connaître la Guinée à l’étranger. Son ambition est notamment de favoriser la venue de personnalités connues dans le pays afin d’accroître sa visibilité sur la scène internationale. « Nous voulons faire connaître au monde la Guinée, son histoire et ses richesses », a-t-elle expliqué, en saluant les efforts des autorités et des acteurs engagés dans la valorisation du patrimoine national.
La descendante du prince Abdulrahman Ibrahima Ibn Sori a par ailleurs appelé à une responsabilité collective dans la construction de l’avenir du pays. Elle estime que le développement de la Guinée doit être l’affaire de tous. « La Guinée n’appartient pas à une seule personne, elle appartient à tout le monde. Ensemble, nous pouvons l’aider à avancer dans de meilleures conditions », a-t-elle déclaré.
Une délégation américaine tournée vers l’avenir
Karen Chatman n’a pas effectué le déplacement seule. Elle est accompagnée notamment du prince E.D. Hutchison, chargé des Affaires publiques de la Maison royale, de la princesse Cristal, sa fille, ainsi que du prince Andrew-Sori.
Pour E.D. Hutchison, ce premier séjour en Guinée marque le début d’une démarche qui pourrait prendre une dimension internationale. Au-delà de la découverte du pays, il entrevoit des perspectives pour faire connaître cette histoire à un public plus large. « Je suis ravi d’être ici, c’est ma première fois. J’attends avec impatience un certain nombre de choses qui vont se produire ici. Nous débutons aux États-Unis, mais nous voulons en faire une opportunité mondiale, pour le propager partout dans le monde », a-t-il déclaré.
À travers cette visite, les membres de la délégation souhaitent ainsi rapprocher davantage la Guinée et les États-Unis autour d’une histoire commune, tout en contribuant à la transmission du parcours du prince Abdulrahman Ibrahima Ibn Sori.
Alors que Timbo est au centre des activités liées à son élévation au rang de préfecture, cette venue remet également en lumière un pan de l’histoire du Fouta-Djalon dont les répercussions dépassent aujourd’hui le territoire guinéen. Pour ses descendants, l’enjeu est désormais de préserver cet héritage et de lui donner une portée internationale.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
Last modified: 14 octobre 2026





