
Conakry- À l’issue de l’assemblée générale tenue ce jeudi à Donka, les représentants des enseignants contractuels ont appelé à maintenir la mobilisation. La coordination menace désormais d’agir dès la semaine prochaine si les engagements attendus du gouvernement ne sont pas concrétisés.
La tension monte chez les enseignants contractuels en Guinée. Réunis en nombre au siège du SLECG, à Donka, ce jeudi 8 octobre 2026, les membres du collectif ont exprimé leur impatience face à l’évolution des discussions engagées avec les autorités.
Au cœur des préoccupations : le sort des contractuels non retenus, l’intégration de ceux ayant obtenu les résultats requis, le cas particulier des enseignants de la zone spéciale de Conakry ainsi que la finalisation du statut particulier de l’éducation.
Prenant la parole devant les enseignants mobilisés, le coordinateur national du collectif, Diaka Sow, a relayé les principales attentes formulées par la base : « les enseignants à la base m’ont demandé de transmettre ceci : à l’issue des rencontres avec le président du CNDS (Conseil national du dialogue social), à l’issue des rencontres avec le Premier ministre et à l’issue des rencontres avec le gouvernement, il faut dire au gouvernement guinéen de procéder au téléchargement de la liste des enseignants contractuels et qu’ils soient engagés automatiquement, sans passer par un concours.»
Pour la coordination, la question de l’intégration constitue désormais l’une des principales revendications. Elle souhaite notamment que les enseignants biométrisés soient engagés conformément au protocole d’accord conclu avec les autorités, sans être soumis à une nouvelle procédure de concours.
Diaka Sow appelle à rester mobilisés
Malgré la pression exprimée au cours de l’assemblée, le coordinateur a invité ses camarades à poursuivre momentanément leurs activités professionnelles, en attendant les prochaines orientations : « ce que je peux vous dire ici, chers camarades, c’est de rester prêts, restez à l’écoute, restez mobilisés. Demain (vendredi), nous irons travailler. En fonction de ce que nous verrons, nous vous donnerons les orientations.»
Mais le ton s’est durci lorsqu’il a été question de la suite à donner au mouvement : « aujourd’hui, nous interpellons le Président de la République. Que le gouvernement guinéen respecte le protocole d’accord. À défaut, à partir de la semaine prochaine, les contractuels prendront leurs responsabilités, avec ou sans l’Intersyndicale de l’Éducation.»
Cette déclaration intervient alors que les discussions sont conduites avec la participation des organisations syndicales du secteur de l’éducation. Elle laisse apparaître une divergence sur la stratégie à adopter si les revendications des contractuels ne trouvent pas rapidement une issue.
Michel Pépé Balamou veut rassurer les contractuels

Face aux inquiétudes exprimées par les enseignants, le secrétaire général du SNE, Michel Pépé Balamou, a voulu apporter des précisions sur le dossier des contractuels non retenus.
Selon lui, la question d’un nouveau concours pour les enseignants ayant obtenu une moyenne d’au moins 10 ne serait plus à l’ordre du jour : « nous sommes par principe opposés à l’organisation d’un concours pour les non-retenus. Nous avons clairement dit qu’il n’est plus question, ni aujourd’hui ni demain, de parler d’épreuves de concours pour les 4 500 non-retenus avec une moyenne égale ou supérieure à 10. Ce principe est déjà acquis. C’est un point non négociable. »
Le responsable syndical a également annoncé un travail technique autour des listes des enseignants concernés, avec l’objectif de leur intégration dans le système FUGAS : « ce que nous pouvons vous assurer avec une certitude mathématique, c’est que tous ceux qui ont obtenu une moyenne égale ou supérieure à 10 doivent désormais se considérer comme fonctionnaires de la République. Concernant les enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry, une commission a été dépêchée au niveau du service concours du ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, afin de rencontrer le directeur des concours et lui rappeler que le protocole».
Pour les contractuels de Conakry, Michel Pépé Balamou évoque plutôt la perspective d’un concours pratique de classe, auquel ces enseignants devraient bénéficier d’une priorité.
La liste les concernant doit également être transmise à la commission technique chargée du dossier.
Le statut particulier toujours au centre des discussions
Au-delà du dossier des contractuels, l’Intersyndicale de l’Éducation met également en avant la question du statut particulier du secteur.
Michel Pépé Balamou estime que ce texte doit concerner l’ensemble des composantes du système éducatif et appelle à éviter une adoption précipitée : « nous ne voulons pas d’un statut bâclé, fait à la va-vite et dont le contenu ne serait pas attrayant. Il faut aussi tordre le cou à la désinformation selon laquelle l’enseignement supérieur aurait déjà un statut particulier. C’est faux. Le décret 615 du Président de la République attribue seulement des primes de rémunération aux enseignants du supérieur en fonction de leurs grades. Tous ceux qui sont à l’enseignement supérieur n’en bénéficient pas. Seuls ceux qui ont un doctorat, un titre de professeur, l’agrégation, ou qui sont directeurs de recherche, maîtres de conférences, etc., y ont droit. C’est pourquoi le statut que nous élaborons concerne l’ensemble du secteur de l’éducation et de la formation : l’enseignement pré-universitaire, l’enseignement technique et la formation professionnelle, ainsi que l’enseignement supérieur et la recherche scientifique.»
La question du statut particulier, au même titre que celle du recrutement des contractuels, reste donc au cœur des échanges entre les représentants des travailleurs de l’éducation et les autorités.
Pour l’heure, Diaka Sow appelle ses camarades à rester mobilisés et attend de nouvelles orientations. La semaine prochaine pourrait ainsi constituer une nouvelle étape dans le bras de fer autour de l’avenir des enseignants contractuels.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
Last modified: 8 octobre 2026





