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Éducation : pas de grève pour la rentrée, mais l’intersyndicale garde son « arme fatale »

4 octobre 2026

Guinée- À la veille de la rentrée scolaire prévue ce lundi 5 octobre 2026, le secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, a reçu la presse ce dimanche 4 octobre au siège du syndicat, à Matoto. Au cours de cette rencontre, il s’est notamment prononcé sur la conduite à tenir par les enseignants à l’occasion de la reprise des classes.

S’exprimant au nom de l’intersyndicale de l’éducation composée de la FSPE, du SLECG et du SNE, élargie au Syndicat national de l’enseignement franco-arabe de Guinée (SNEFAG), Michel Pépé Balamou a appelé les enseignants à poursuivre leurs activités, tout en annonçant la poursuite des négociations avec le gouvernement.

D’entrée, le responsable syndical a tenu à préciser que l’intersyndicale n’est actuellement porteuse ni d’une plateforme de revendications, ni d’un préavis ou d’un avis de grève : « l’intersyndicale de l’éducation rappelle aux enseignantes et enseignants de Guinée qu’elle n’est pas porteuse d’une plateforme de revendications, ni d’un préavis de grève, à plus forte raison d’un avis de grève. Elle a fait usage de menace. Et comme dans nos jargons syndicaux on a coutume de le dire, la menace porte plus que la grève. Et cette menace à date, a porté, d’autant plus que le gouvernement est sorti de sa zone de confort pour nous recevoir et travailler. Au jour d’aujourd’hui, il y a un comité de suivi sous la présidence de Dr Alia Camara, président du Conseil National du Dialogue Social, qui veille à l’application des différentes résolutions issues du protocole d’accord en date du samedi 3 janvier 2026. »

Les enseignants appelés à poursuivre les cours

À la suite de cette précision, le secrétaire général du SNE a donné les consignes de l’intersyndicale pour la rentrée scolaire. Les enseignants sont invités à reprendre normalement leurs activités sur l’ensemble du territoire national, pendant que les négociations se poursuivent : « par conséquent, nous demandons aux enseignantes et enseignants de Guinée de continuer à dérouler leurs activités didactiques, pédagogiques et académiques sur toute l’étendue du territoire national, le temps pour l’intersyndicale de l’éducation FSPE, SLECG, SNE, de continuer les négociations le lundi interrompues du fait de l’organisation du 68e anniversaire de l’accession à l’indépendance et à la souveraineté nationale de notre pays, une organisation supérieure au-dessus de nos intérêts personnels et collectifs. »

Un message aux enseignants contractuels non retenus

La situation des enseignants contractuels non retenus à l’issue de l’évaluation en pratique de classe, ainsi que celle des enseignants concernés par la jauge spéciale de Conakry, a également été abordée. Michel Pépé Balamou leur demande de faire confiance à l’intersyndicale, qui entend poursuivre les discussions afin de trouver une issue conforme aux engagements pris dans le protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 : « aux enseignants contractuels non retenus à l’issue de l’évaluation en pratique de classe et ceux de la jauge spéciale du Conakry, invite leur est faite, de faire confiance à l’intersyndicale de l’éducation FSPE, SLECG, SNE, élargie au SNEFAG, afin de trouver dans un bref délai des voies et issues conformes à l’esprit et à la lettre du point 7 du protocole d’accord bipartite gouvernement – intersyndicale de l’éducation en date du samedi 3 janvier 2026. »

L’intersyndicale met la pression sur le gouvernement

Tout en appelant à l’apaisement pour la rentrée, l’intersyndicale maintient la pression sur le gouvernement. Elle lui demande notamment de respecter les engagements contenus dans le protocole d’accord du 3 janvier 2026.

Michel Pépé Balamou a également rappelé que les syndicats disposent toujours de moyens de pression qu’ils pourraient utiliser au cours de l’année scolaire : « par voie de conséquence, l’intersyndicale de l’éducation FSPE, SLECG, SNE élargie au SNEFAG invite le gouvernement à faire du dialogue social un mode de gouvernance et de stabilisation des relations du travail en respectant scrupuleusement tous les engagements pris dans le protocole d’accord du 3 janvier 2026, et à comprendre que l’intersyndicale de l’éducation a une arme fatale qu’elle pourrait utiliser en début, en milieu et enfin d’année scolaire comme elle a su le faire le 1er décembre 2025. »

« Cette opportunité d’apaisement […] n’est pas une faiblesse »

Pour finir, le secrétaire général du SNE a insisté sur le fait que la décision de privilégier, pour le moment, le dialogue avec les autorités ne constitue pas, selon lui, un renoncement aux revendications des enseignants. Il appelle ainsi la base syndicale à rester mobilisée et vigilante, tout en laissant ouverte la possibilité d’actions futures dans le respect de la légalité : « cette opportunité d’apaisement, de compréhension n’est pas une faiblesse, ni un recul, encore moins une conception de parfum de corruption ou d’achat de conscience, loin s’en faut. L’intersyndicale de l’éducation fait une saine appréciation des réalités du moment, mais tout en tenant compte des intérêts matériels et moraux de ses militants, et invite sa base militante à rester vigilante, mobilisée pour répondre à un éventuel appel par des moyens légaux afin de faire aboutir tous ces points de revendication contenus dans le protocole d’accord bipartite gouvernement – intersyndicale de l’éducation FSPE, SNE, SLECG en date du samedi 3 janvier 2026. »

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com 

Last modified: 4 octobre 2026

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