
Conakry- Un incendie déclenché dans la nuit du lundi 13 au mardi 14 juillet dans un immeuble à Simbaya École, dans la commune de Matoto, a causé la mort de quatre personnes. Une jeune couturière de 18 ans a toutefois réussi à échapper aux flammes dans des circonstances dramatiques.
Le drame s’est produit aux environs de 3 heures du matin au troisième étage d’un immeuble situé à Simbaya École. Selon les témoignages recueillis sur place, le feu serait parti à la suite d’un court-circuit électrique, avant de se propager rapidement dans l’appartement.
Les victimes ont été identifiées comme étant Marie Tolno, âgée de 60 ans, les jumelles Nafissatou Soumaoro et Fatim Soumaoro, âgées de 13 ans, ainsi que Kadi Fofana, une ressortissante libérienne. Une autre occupante des lieux, M’mah Sylla, une couturière de 18 ans, a pu survivre en s’agrippant à une conduite d’eau située à l’extérieur du bâtiment.

Membre de la famille endeuillée, Louceny Massogbè Doukouré revient sur les premiers instants du drame. Alerté par des voisins, il dit avoir tenté de porter secours à ses proches. « L’incendie s’est déclaré aux alentours de 3 heures du matin, provoqué par un court-circuit. Le feu a pris au troisième étage. Dès que le sinistre a éclaté, j’ai été alerté par des voisins. Je suis immédiatement monté pour tenter de secourir mes proches qui se trouvaient dans le troisième appartement : mes nièces, ma cousine, ainsi que mon cousin qui venait tout juste de se marier », explique-t-il.

Mais à son arrivée sur les lieux, la situation était déjà hors de contrôle. « Malheureusement, à mon arrivée, le brasier était déjà trop violent et il était impossible d’intervenir. Paniqués par les flammes, les enfants ont fini par sauter par l’arrière de l’immeuble, d’une hauteur d’environ vingt mètres. Bien qu’elles aient été immédiatement évacuées vers les urgences, elles n’ont pas survécu à la chute », poursuit-il.
Selon lui, le bilan humain est lourd. « Pour le moment, le bilan est de quatre décès : des jumelles de 13 ans, une jeune fille de 18 ans, et une dame âgée qui vivait en colocation avec nous », déplore Louceny Massogbè Doukouré.
Une seule survivante grâce à un tuyau d’eau

Témoin de la scène, Maurice Kamano, qui travaillait dans un studio de prépresse scolaire situé à proximité de l’immeuble, raconte les moments de panique vécus cette nuit-là. « Il était environ 3 heures du matin. J’étais en train de travailler dans mon studio de prépresse scolaire quand, soudain, j’ai entendu des cris de détresse : “Au secours ! Au secours !” Notre établissement se trouvant à seulement quelques mètres de l’immeuble, je suis sorti pour voir ce qui se passait », raconte-t-il.
En sortant, il découvre une scène alarmante. « C’est là que nous avons aperçu une épaisse fumée s’échapper du troisième étage, où l’appartement était en train de brûler », témoigne-t-il.
Selon Maurice Kamano, les occupants de l’appartement étaient piégés par les flammes.
« Le feu ayant pris dans le salon, les enfants bloqués à l’intérieur ne pouvaient pas s’échapper par la sortie principale. En observant la scène depuis le bas, j’ai aperçu l’aînée à une fenêtre du troisième étage. Je lui ai crié de garder son calme et de s’accrocher au tuyau d’évacuation d’eau. Elle a réussi à s’y agripper et à se laisser glisser jusqu’en bas. C’est la seule survivante », explique-t-il.
Mais pour les autres occupants, l’issue a été tragique. « Malheureusement, lorsque les autres enfants ont voulu faire de même, le feu avait déjà envahi la zone, leur bloquant l’accès au tuyau. Elles ont alors tenté de se réfugier dans les toilettes. Mais le salon étant complètement ravagé par les flammes, elles n’ont pas eu d’autre choix que de sauter par la fenêtre des toilettes pour échapper au brasier », poursuit le témoin.

Encore marqué par la scène, Maurice Kamano décrit un moment difficile à supporter. « C’étaient des enfants de 12 et 13 ans. Sans aucun moyen de secours pour les amortir, je les ai vues sauter et tomber sur les tôles des toilettes. C’était une scène absolument terrible, insoutenable. En les voyant tomber ainsi sous mes yeux, je savais qu’elles ne s’en sortiraient pas », confie-t-il.
Le témoin rapporte également qu’une autre habitante de l’immeuble a perdu la vie en tentant de sauver ses affaires. « Au même moment, de l’autre côté de l’immeuble, une mère de famille criait à ses enfants de sortir immédiatement pour fuir les flammes. Ses enfants sont sortis et l’ont suppliée : “Maman, s’il te plaît, le feu nous encercle, sors avec nous !” Mais elle a insisté pour retourner chercher des affaires. Le temps qu’elle revienne sur ses pas, le feu avait déjà bloqué sa chambre et la porte de sortie », raconte-t-il.

Pour tenter d’échapper aux flammes, cette dernière a également sauté du troisième étage.« Pour tenter de se sauver, cette dame d’une forte corpulence a elle aussi fini par sauter du troisième étage », ajoute Maurice Kamano.
Ce n’est qu’au lever du jour que le bilan définitif du drame a été confirmé. « C’est finalement vers 6 heures du matin que les services compétents nous ont annoncé que les quatre victimes avaient succombé à leurs blessures. La seule survivante de ce drame est la jeune fille qui a pu descendre par le tuyau d’eau », conclut-il.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
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Last modified: 14 juillet 2026





