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Bientôt une aciérie pour Simandou ? Les annonces fortes du PCA du TransGuinéen

17 avril 2026

Mamadou Nagnalèn Barry, Président du Conseil d’administration de la Compagnie du TransGuinéen (CTG), a apporté des précisions majeures sur l’avancement du projet d’aciérie lié au gisement de fer de Simandou. Longtemps restée au stade de l’exportation brute, l’ambition minière de la Guinée, selon les autorités, s’oriente désormais vers une industrialisation locale.

Une volonté politique de transformation

​Selon Mamadou Nagnalèn Barry, cette ambition de transformation locale n’était initialement pas inscrite dans les plans du projet. Elle est le fruit d’une renégociation directe sous l’impulsion des autorités actuelles. « Hier on avait une réunion sur la transformation du minerai et encore une fois, pour un petit rappel à l’avènement du CNRD, toutes ces choses n’étaient pas dans les accords. Il y avait pas d’aciérie prévue dans les accords. Donc c’est dans la renégociation que le chef de l’État a dit quand même qu’on peut pas sortir tous ces minerais là. Il faut trouver un moyen de transformer une partie localement. C’est comme ça que quand on mettait les acteurs ensemble et le fait qu’on les a mis ensemble ayant fait baisser les coûts, on a dit ce serait bien qu’une partie de ces économies réalisées, puissent être utilisées pour faire ça, pour faire ça, pour faire ça. Donc c’est comme ça que grâce à l’avènement du CNRD, on parle de passagers maintenant de biens et services, on parle d’aciérie », rappelle-t-il.

Ce changement de paradigme se traduit également par une infrastructure qui profite davantage aux populations, comme le souligne le PCA : « il y a d’autres projets ici qui ont les rails sur lesquels les passagers ne passent pas. Donc ça, c’est vraiment des choses négociées et grâce à la vision du chef de l’État. »

Des études techniques en phase accélérée

​Le projet d’aciérie entre désormais dans une phase concrète. Les discussions techniques s’intensifient pour définir les modalités de mise en œuvre et le calendrier des travaux : « donc les discussions de l’acierie sont en cours. Hier, on avait une longue réunion sur la transformation locale du minerai. Le délai aussi, je pense que c’est 2 ans pour la fin de l’étude. Mais c’est en train d’aller très vite et quand même (…) Donc la transformation va se faire et les études sont en cours, elles sont très avancées, je peux vous garantir. Et comme on les aciéries, nous espérons que dans les mois, les années à venir et qu’on puisse commencer aussi la transformation locale du minéraire, ce qui n’était pas du tout pensé avant l’avènement du CNRD. »

L’énergie : lever le verrou historique

L’un des défis majeurs reste l’approvisionnement énergétique. Historiquement, le manque d’électricité a freiné l’industrialisation du pays. Mamadou Nagnalèn Barry estime que la réussite du chemin de fer Simandou prouve que les capacités de financement existent pour l’énergie : « et une étude comme ça, Baowu, ils en ont des centaines à travers le monde, ils en ont partout. Mais une étude comme ça va très vite pour eux avec la qualité du minerai. Hier, c’était des discussions très intéressantes auxquelles j’ai participé parce que y a les questions : où on va implanter la chose, comment ça va être approvisionné en énergie ainsi de suite. Mais je vais vous le dire. Depuis l’indépendance de la Guinée, on n’a jamais construit une seule unité de transformation locale de la bauxite ou du fer. La raison principale, c’est qu’il y a pas d’électricité. La vision du chef de l’État : ok, il y a pas d’électricité, mais il faut créer l’électricité. Si on arrive à créer les rails, les rails de Simandou coûtent. 10, 20, 50 fois plus que ce qu’il faut pour donner l’électricité à une entité de transformation. Donc, si on peut trouver des milliards de dollars pour investir dans les rails et sortir le minerai, on doit aussi pouvoir trouver des centaines de millilons de dollars pour investir dans l’électricité. »

Il rappelle par ailleurs que des avancées majeures ont déjà été enregistrées dans le secteur de la bauxite, servant de modèle pour le fer : « et vous voyez, la seule raffinerie qu’on avait en Guinée jusque là, c’était la raffinerie de Fria, dont les travaux ont commencé en 1957. On avait même pas encore notre indépendance. Mais l’année passée seulement, on a lancé la construction de deux nouvelles raffineries en Guinée, chacune 2 fois plus grande que celle de Fria et chacune ayant les investissements dépassant le milliard de dollars. Et c’est chacune de ces raffineries là va trouver sa source d’énergie. »

Un partenariat basé sur la confiance mondiale

La réussite de ce projet repose sur la collaboration avec les leaders mondiaux du secteur minier et sidérurgique. Pour le PCA de la CTG, la qualité de ces partenaires est un gage de crédibilité : « notre fierté avec le projet, c’est vraiment aussi les partenariats avec lesquels nous travaillons. Nous travaillons avec le plus grand du monde, Baowu, c’est le plus grand du monde de l’acier. Rio Tinto, c’est un des plus grands du monde du des mines. Chinalco, l’un des plus grands au monde de l’aluminium, et WCS font partie aussi des plus grands du monde de l’aluminium et de la bauxite. Donc vraiment, c’est la qualité des acteurs travaillant avec nous aussi qui facilite les choses. »

Il conclut en insistant sur le maintien d’une relation de confiance mutuelle, indispensable pour le développement du pays : « donc là, il faut savoir que quand on a un leadership clair, il sait où il va, on peut obtenir des concessions. Et ça aussi, on peut rassurer les partenaires parce que si les partenaires ne sont pas rassurés, quoi que qu’ils fassent, ils n’y mettront pas leurs ressources. Donc ce qui se passe aujourd’hui en Guinée, quand même, il faut le saluer. Depuis 2021, 22, les partenaires de par le monde nous font confiance et c’est notre responsabilité aussi de maintenir cette confiance là parce que quand la confiance est perdue, il est extrêmement difficile de la ramener. Donc, aujourd’hui, tout se passe bien avec les partenaires, nous travaillons sur des bases gagnant-gagnant, nous sommes au CA ensemble et on ne s’entend pas toujours, mais on finit toujours par trouver la solution et c’est ça d’ailleurs, moi, mon travail. »

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com 

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Last modified: 17 avril 2026

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