
Au secteur Kokoma, dans la commune de Tombolia, à Conakry ce lundi 13 avril, Saliou Djan Sow, âgée de 22 ans, a été agressée puis tuée dans des circonstances particulièrement tragiques, suscitant une vive émotion au sein de la population locale.

Selon les premières informations recueillies, le présumé auteur, qui semblait être dans un état second, aurait utilisé une pierre pour fracasser la tête de la victime. La scène, d’une extrême brutalité, a rapidement provoqué la colère des jeunes du quartier, certains ayant tenté de s’en prendre au suspect avant l’intervention des autorités.

Le témoignage poignant du frère de la victime
Présent sur les lieux, Abdoulaye Sow, petit frère de la victime, est revenu sur les circonstances du drame, encore floues pour la famille au moment des faits : « la victime est ma grande sœur. Elle s’appelle Saliou Djan Sow. Elle est originaire du Mali, de Yemberin, dans la sous-préfecture de Sigon. Elle avait 22 ans et vivait à la Cimenterie, à Sonfonia. Concernant les circonstances de son décès, je ne suis pas bien informé. J’ai seulement appris qu’elle avait eu un accident. Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé. Les autorités sont sur place et nous attendons les résultats de l’enquête. Plus tard, nous avons appris qu’elle avait été assassinée par un jeune homme. »
Encore sous le choc, il décrit l’état du corps de sa sœur, difficilement reconnaissable : « j’ai effectivement appris qu’elle a été assassinée. J’ai vu le corps… C’est inimaginable qu’une femme soit tuée de cette manière, en pleine journée, dans un quartier aussi fréquenté, sans qu’aucun passant ni aucune autorité n’intervienne. C’est vraiment inimaginable. Je n’ai même pas réussi à reconnaître son visage. Sa tête a été complètement détruite. C’est insoutenable de voir un proche, surtout sa propre grande sœur, dans un tel état. C’est vraiment inimaginable. »
Face à ce drame, la famille réclame justice et davantage de sécurité : « nous demandons que toute la lumière soit faite sur cette affaire et que justice soit rendue. Lorsqu’un membre de ta famille est assassiné et même au-delà de la famille, toute personne mérite justice, c’est inacceptable. Nous demandons plus de sécurité. Aujourd’hui, on parle des droits des femmes, mais il est inadmissible qu’une femme soit battue et tuée en pleine journée. On a l’impression de vivre dans un état de guerre. C’est vraiment effroyable. »
Il annonce également des démarches judiciaires en cours : « une plainte sera déposée. D’après ce que nous avons appris, l’agresseur a été arrêté et se trouve entre les mains des autorités. »
Les autorités locales décrivent une situation tendue
De son côté, Mohamed Kerfala Bangoura, chef secteur de Kokoma, explique avoir été alerté rapidement après les faits et s’être rendu sur place pour éviter un lynchage : « on m’a appelé pour m’informer de l’assassinat d’une fille dans mon secteur. J’étais à deux kilomètres, et j’ai immédiatement pris la moto pour venir sur les lieux. J’ai cherché à calmer la population qui voulait tuer celui qui a tué la fille. Le jeune n’est pas du quartier et la fille aussi. Il est assassiné à l’aide d’un caillou sur la tête. Le jeune est en état d’ébriété, il ne se contrôle pas. Il a écrasé la tête de la fille qui est décédée sur place. La famille de la fille est arrivée sur place. »
Il revient également sur l’intervention des forces de sécurité et les tensions observées autour du transfert du suspect : « nous avons appelé l’autorité pour venir empêcher qu’il y ait une deuxième victime. La gendarmerie est venue et ils ont pris le jeune. Je leur ai demandé d’envoyer le corps et le jeune. Mais ils ont dit qu’ils vont envoyer le jeune en attendant l’arrivée des autorités compétentes pour s’occuper du corps de la fille. C’est ainsi que la population s’est opposée en exigeant qu’ils envoient les deux en même temps ou que le jeune ne bouge pas. »
Des citoyens mobilisés pour éviter un drame supplémentaire
Sur place, des citoyens ont tenté de contenir la colère des jeunes pour éviter un second drame. C’est le cas d’Alpha Cissé, qui appelle au calme : « on nous a informés de la mort d’une fille dans notre secteur et immédiatement nous sommes venus. C’est un jeune qui a tué une fille. C’est une première dans notre zone. On est en train de canaliser les jeunes en colère qui veulent en finir avec l’assassin parce qu’on ne doit pas se faire justice. On ne veut pas qu’il y ait un deuxième mort parce qu’on ne paie pas le sang par le sang sinon le sang va continuer de couler. Nous sommes dans ces tractations pour calmer les esprits. Le jeune n’est pas du quartier mais en le voyant c’est comme s’il n’est pas dans un état psychologique normal. »
Le corps de la victime a été transporté à l’hôpital d’Entag, tandis que le présumé auteur est actuellement entre les mains de la gendarmerie.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
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Last modified: 13 avril 2026





