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Crise Féguifoot : quand la commission d’éthique préfère fermer les yeux

11 mars 2026

CONAKRY- Dans toute institution, la commission d’éthique est censée être la boussole morale. Elle représente le dernier rempart contre les dérives, l’instance qui rassure l’opinion et garantit que les règles sont les mêmes pour tous. Pour l’instant, cette commission d’éthique présidée par le magistrat Mohamed Diawara prête sa langue au chat.

Mais que se passe-t-il lorsque cette commission refuse tout simplement d’ouvrir une enquête face à des accusations graves de violation des statuts au sommet de la fédération ? C’est précisément la question qui se pose aujourd’hui au sein de la Fédération guinéenne de football. Des accusations de violation des statuts visent le président Sory Doumbouya dans un audio devenu viral, et pourtant, la commission d’éthique de la fédération Guinéenne de football a choisi de ne pas ouvrir d’enquête.

Se taire pour cautionner la violation des statuts ?

Une décision qui laisse perplexe et qui soulève une interrogation simple : à quoi sert une commission d’éthique si elle refuse d’examiner les faits lorsqu’ils concernent les plus hauts responsables ?
Dans toute organisation moderne, le principe est clair : personne ne doit être au-dessus des textes. Les statuts de la Féguifoot ne sont pas de simples documents administratifs, ce sont les règles du jeu. institutionnel.

Les ignorer ou refuser d’en vérifier l’application revient à fragiliser toute la gouvernance du football. Le problème n’est pas seulement juridique ; il est aussi moral et symbolique. Voir cette commission toujours refuser d’ouvrir une enquête sérieuse donne l’impression que certaines personnes bénéficient d’une forme de protection institutionnelle. Et dans un contexte déjà marqué par des tensions et des divisions au sein de la fédération, une telle décision risque d’alimenter davantage la crise de confiance.

L’opinion publique sportive guinéenne mérite pourtant mieux.

Les acteurs du football, les clubs, les joueurs et les supporters attendent des institutions qu’elles incarnent la transparence et la crédibilité. Ouvrir une enquête ne signifie pas condamner ; cela signifie simplement chercher la vérité. Car au fond, la véritable question est là : si la commission d’éthique ne peut pas examiner les accusations visant le président, qui le fera ? Encore une fois de plus, le football guinéen traverse une période où la confiance est fragile.

Et dans ces moments-là, cette commission de la Féguifoot doit montrer qu’elle est au service des règles, pas des individus. Refuser d’enquêter aujourd’hui, c’est prendre le risque d’envoyer un mauvais signal : celui d’une justice interne à géométrie variable. Et c’est bien dommage..

Et dans le football comme ailleurs, l’éthique ne peut pas être sélective.

Last modified: 11 mars 2026

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